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Posté par Cedric, le 13/05/2008 - Business 2.0
Quand je suis à l'étranger (comme en ce moment, pour monter la première agence offshore de sous-traitance spécialisée symfony –j'y reviendrai), et que je souhaite me faire une idée précise de l'état de l'économie du pays, je vais dans un café.
Un café à forte fréquentation si possible. Là, je calcule un ratio approximatif de serveur par client. D'une manière générale, plus il y a de serveurs, moins l'économie du pays est sclérosée. Pourquoi les cafés ? Car le café est l'activité conjoncturelle par excellence. Elle est très dépendante des aléas de l'économie et est en première ligne des restrictions budgétaires des foyers en temps de crise. Il faut donc pour les patrons embaucher de la main d'œuvre tout en sachant qu'ils pourront s'en séparer si la conjoncture se retournait. Par ailleurs, il faut que le coût marginal d'un serveur (le cout induit par l'embauche d'un serveur en plus) soit réduit. Sinon, le patron est naturellement tenté d'utiliser un minimum de serveurs pour servir un maximum de clients. D'où la déclinaison du premier indicateur : le nombre de serveurs oisifs. Si vous nous lisez depuis la France, cela peut vous paraître étonnant. Pourtant, dans de nombreux pays on trouve dans les bars un nombre de serveurs considérable, y copmpris pendant les périodes creuses, ce qui peut donner un taux d'oisiveté impressionnant (je me rappelle d'une trentaine de serveurs pour 10 clients à peine dans un bar huppé de Phnom Penh, le « Elsewhere »). Ce dernier indicateur est souvent le signe d'une législation très souple en matière de durée du travail (comprenez : le pays est bien loin des 35 heures).
Ensuite, je regarde l'origine ethnique des serveurs et (surtout) des cuisiniers. Si la majorité d'entre eux sont des locaux, il y a peu de chances que l'économie soit à saturation. Plus une économie se développe, plus un nivellement se forme entre main d'œuvre locale et étrangère. Quoiqu'on en dise, la main d'œuvre locale tant naturellement vers les métiers du tertiaire (dans les villes s'entend), délaissant progressivement les métiers physiques. Des postes compliqués que viennent occuper des étrangers (j'exclue ici le cas des travailleurs saisonniers et autres étudiants). La propension des employés d'un pays à développer un plan de carrière sur un métier de serveur ou de cuisinier mal payé laisse penser que la main d'œuvre motivée ne manque pas, et que la productivité et l'implication sont fortes. Par extension, cela peut aussi vouloir dire que le système social est peu développé ; qu'il n'y a pas d'allocation chômage, et peu ou pas de protection sociale, ne laissant guère d'autre choix aux salariés.
En dernier lieu, les prix évidemment. Le prix des matières premières étant relativement le même partout pour ce type de produit, (exemple du Coca Cola) les pays où les boissons sont moins chères laissent supposer que les taxes y sont moins élevées : moins d'impôts, moins de taxes de structure (taxe professionnelle et autres), et, là encore moins de charges sociales (moindres frais dans l'usine locale de transformation du Coca Cola).
Par extension, vous l'aurez compris, quand je prend un verre à l'heure de pointe à Paris, et que je vois des serveurs (étudiants français, canadiens, polonais ou irlandais) au bord de la syncope, perdus dans le flot continu des quelques 150 couverts à servir pendant le coup de feu, que je vois les cuisiniers africains ou indous en sueur dans les cuisine, je me dis que la lourdeur administrative, sociale, fiscale n'a pas besoin d'etre étudiée dans les rapports annuels de l'INSEE pour être mesurée. On peut donc avoir des cafés pleins à craquer et une économie moribonde. La consommation profitant d'un effet d'inertie avant de tomber en récession sous le poids des problèmes structurels.
tags: economie
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Posté par Cedric, le 25/04/2008 - Business 2.0
Comme vous l'avez compris, ce blog se veut plus analytique qu'informatif. Je suis malheureusement trop occupé pour bloguer plusieurs fois par jour, et ne vois honêtement qu'assez peu d'intérêt à le faire, tant les blogs de qualité sont légion. Une exception à la règle toutefois, qui nous provient de l'excellentissime ReadWrite/Web. Un article qui colle à 400% à mon opinion sur les commentaires en vidéo, proclamée nouvelle tendance des bloggeurs après que Michael Arrington (investisseur dans la technologie de partage vidéo utilisées, Seesmic, du français LeMeur) les ait fait ajouter sur l'ensemble des blogs du réseau TechCrunch dans le monde. Immédiatement, il informait son réseau Twitter que 80 blogs avait ajouté le système équivalent (sous la forme d'un plugin wordpress) juste après avoir qu'il l'ait mis en place lui-même.
L'intérêt d'une telle solution reste cependant très loin d'être évidente. Comme le souligne Josh Catone, les commentaires d'un blog (surtout un blog influent où la participation est nombreuse) se lisent souvent en diagonale, le cerveau étant entraîné à s'arrêter sur les mots-clés susceptibles de capter son intérêt. Le nombre des commentaires est tel, qu'il est de toutes les manières impossible de les lire entièrement un par un, un effort qu'exige cependant la spécificité du format vidéo. Par ailleurs, le « flow » d'une discussion en commentaires souffre forcément du changement de format. Lire un commentaire vidéo n'est pas naturel, et il y a peu de chances que cela le devienne. Catone souligne enfin l'impossibilité d'ajouter des liens, la difficulté technique de réaliser des vidéos, et le temps de chargement de la page.
J'ajouterais qu'aux vues des vidéos qui ont été mises en place sur le réseau TC depuis 24 heures, ce n'est pas parce qu'on se filme qu'on dit quelque chose d'intéressant. Je me demande même si certaines vidéos ne sont pas faites avant tout pour montrer le cadre lumineux de la belle maison dans laquelle on vit. Des considérations qui s'éloignent bien de l'intérêt général, la complétion de l'information et le partage d'idées.
Idéologiquement, on est en droit de se demander s'il est bien raisonnable que le blog technologique le plus influent au monde impose une technologie simplement parce qu'il existe des intérêts financiers convergents. In fine, l'utilisateur aura le dernier mot, et je suis convaincu qu'à moins d'une mauvaise foi particulière, le manque d'intérêt de la solution (dans ce contexte évidemment, Seesmic ayant d'autres avantages) apparaitra évident à tout le monde, y compris à Arrington.
tags: seesmic, techcrunch
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Posté par Cedric, le 23/04/2008 - Business 2.0
Alors que l'offre de rachat de Microsoft à Yahoo! a expiré, alors que des tractations se mènent en haut lieu entre le géant du logiciel et News Corp., éditrice de MySpace, la pression semble changer légèrement de camp ces derniers jours.
Je vois deux raisons essentielles à cela : la première est simple ; les géants de l'Internet commencent à comprendre que l'hégémonie de Google n'est pas éphémère, puisqu'elle a été entretenue par un vent continu d'innovation, sorte de combustible de la performance. En se diversifiant subtilement, Google a successivement placé des billes stratégiques dans ce qui composera à coup sûr l'Internet de demain : les mobiles (Androïd, Google Maps, partenariats avec Apple pour l'iPhone), la recherche globale (vidéo, blogs, images), les suites bureautiques (Docs, Spreadsheet, Presentation..), les applications web de base (mail, calendrier, notes), et pour finir, le marché des professionnels (Google Apps).
Si l'on fait le lien entre tout cela, on obtient environ 95% de l'utilisation classique d'un internaute. Pire encore, en y ajoutant une ou deux briques (l'édition d'image par exemple, façon Picnik), on s'approche même de l'utilisation classique d'un ordinateur.
Cela a deux conséquences : la première est qu'en captant l'ensemble des activités des internautes, Google devient (ou est devenu) un one-stop-shop du web, celui qu'on a presque plus besoin de quitter puisqu'il satisfait à la perfection l'ensemble de nos besoins. Une capitalisation du trafic qui permet de capter la quasi intégralité des budgets annonceurs, aujourd'hui par les liens sponsorisés, demain au sein même des vidéos. De la même manière, les diversifications subtiles opérées ces dernières années ouvrent de formidables opportunités de monétisation nouvelles : l'avènement du mobile et d'un OS pour portable ouvrira l'ère de l'accession des commerces traditionnels (ie offlines) à la publicité en ligne. De la même manière, la présence de Google sur le marché des professionnels va leur permettre d'attaquer un des rares secteurs à n'avoir jamais réellement percé sur Internet : le marché de la publicité B2B.
Alors News Corp et Microsoft ont toutes les raisons de s'inquiéter. La lutte en jeu concerne le gros gâteau du trafic mondial (et donc, des revenus publicitaires) pour les dix prochaines années, une lutte que ces deux géants sentent filer entre leurs doigts. Une alliance est donc possible, voire indispensable, afin d'acquérir Yahoo!, qui reste quoiqu'il arrive l'entreprise la plus à même de générer des carrefours d'audience en un claquement de doigts (on reparlera d'ailleurs bientôt de Yahoo! Shine à ce titre). Une habilité à capter l'internaute grâce à des services de qualité et un contenu riche, qui créé une combinaison forte intéressante si l'on connecte à cela la force incroyable du réseau social MySpace, et la puissance de feu de Microsoft sur certains produits (Messenger aujourd'hui, Office Live demain). A y regarder de plus près, Yahoo! et MySpace complètent parfaitement les faiblesses de Google (le contenu et le communautaire), et Microsoft semble quant à lui seul capable de prendre le leader en frontal sur ses activités cœur (Recherche, Bureautique, Progiciels, Mobile…).
Enfin, il est plus qu'urgent pour Microsoft de prendre une position à l'encontre de Google car les chiffres de Vista sont éloquents : ils témoignent du plus faible taux de propagation de l'histoire de Windows. Beaucoup voient d'ailleurs cette version comme celle qui sonne la fin de l'hégémonie de Microsoft dans le domaine tant convoité des OS. En effet, la stabilité d'Unix fait le bonheur des utilisateurs de Mac et d'Ubuntu, et la tendance claire et désormais universellement connue est bien celle du Web OS à l'horizon 2011. Un web-OS, soit le navigateur comme seul programme nécessaire sur un ordinateur, le reste des services étant directement accessible en ligne (vidéo HD y compris avec l'arrivée des fibres optiques et du streaming HD). Un web-OS qui entre en cohérence parfaite avec le besoin accru de mobilité, puisqu'on peut retrouver ses fichiers de n'importe quel poste, fixe ou mobile, en se connectant simplement à ses différents comptes. Un web-OS sur lequel planche déjà, n'en doutons pas, la firme de Mountain View.
Nous allons donc vivre des semaines très intéressantes, puisque les alliances stratégiques qui sont en train de se former vont redessiner l'écosystème des leaders de l'internet pour la prochaine décennie. Il s'agit aussi peut être du début de la fin de l'ère Microsoft. Qui eût cru que Yahoo! serait un jour à nouveau la pièce maîtresse du puzzle Internet ?
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Posté par Cedric, le 31/03/2008 - Business 2.0
La récente décision de justice dans l’affaire Fuzz, ainsi que la récente actualité des start-ups laissent à penser que l’homme prend progressivement sa « revanche » face à la machine.
A l’ère du web participatif, nombreux sont les acteurs qui se voyaient déjà profiter d’un afflux illimité de contenu, sans rien faire d’autre que d’offrir une plateforme technique permettant aux utilisateurs de s’exprimer. Coté modération de contenu, la création du fameux lien « report spam » permettait au modérateur de dormir jusqu’à ce qu’on le sonne, et de faire la sieste légitimement jusque là. Enfin, coté technologies, un vent d’innovation formidable nous a laissé penser que la machine allait seule pouvoir gérer tous les aspects pénibles d’un site, comme la catégorisation des images et des textes.
Mais depuis 2004, on a énormément appris sur le comportement des sites participatifs, et force est de constater que très peu de modèles fonctionnent de manière totalement automatisée. A part Facebook et MySpace qui n’offrent rien d’autre qu’une plateforme technique, des sites comme Dailymotion ou Youtube ont des services éditoriaux complets, pareil pour Yahoo! sur Answers, etc. La raison est assez simple. L’UGC (user-generated content) permet un flux entrant d’information, une information qui mérite d’être retraitée et qualifiée pour augmenter la valeur ajoutée du service à l’utilisateur, une fonction que la technologie ne suffit souvent pas à remplir. Ainsi, comment une technologie pourrait-elle distinguer une vidéo à mettre en avant d’une vidéo banale ? Comment une technologie permettrait-elle à Yahoo! de distinguer un expert ou un utilisateur clé parmi sa communauté ?
L’évolution technologique s’est beaucoup concentrée sur les moyens de qualification d’une base de données en utilisant là encore l’UGC. Une sorte de deuxième niveau d’UGC : le premier niveau sert à remplir les bases de données, le deuxième à qualifier le contenu inséré. C’est l’objectif de concepts comme Criteo, et comme toutes les autres technologies de recommandation ou de notation. La notation est un système « magique » par lequel des humains vont pouvoir eux-mêmes qualifier une base sans l’intervention d’un administrateur. Cette technique est efficace mais ne saurait répondre aux besoins éditoriaux spécifiques des sites. Enfin se pose la question de la fiabilité des données, puisqu’il est relativement simple de créer des profils automatiquement pour influer la machine d’une manière ou d’une autre.
Le retour à l’humain répond donc d’une limite des technologies actuelles, d’une prise de conscience de l’importance de la qualification du contenu (en vue de sa monétisation), et d’un souci croissant de la production d’un contenu unique comme garant de la fidélité des internautes. Proposer une structure facilitant des interactions entre membres est un modèle éprouvé, mais comme l’a bien démontré la désaffection rapide de MySpace pour FaceBook, l’absence de contenu original créé des utilisateurs volatiles, qui s’en iront du jour au lendemain dès qu’une plateforme plus facile d’utilisation leur sera proposée. L’utilisateur étant conscient de ses efforts pour créer le contenu de la plateforme, il souhaitera naturellement proposer ses services là où cela lui semblera le plus approprié (donc souvent là ou c’est la mode). Il y a d’ailleurs fort à penser qu’à tout miser sur l’UGC, et qu’à faire traduire son site par une communauté de membres, FaceBook met tout en place pour créer les conditions d’une désaffection future(1). L’intervention de l’humain, c’est donc retirer du pouvoir de création à l’utilisateur, et créer cette valeur ajoutée en interne pour mettre en place des liens de fidélité supérieurs entre la communauté et le site.
A ce constat né des 4 ans d’expériences communautaires, on ajoutera le rôle du législateur. A l’image de la récente décision de justice dans l’affaire Fuzz, il est désormais indéfendable pour un founisseur de contenu de se contenter d’une posture passive avant de modérer son contenu. L’aspect éditorial n’est donc plus une option, mais une nécessité, et aucun algorithme n’est encore capable de distinguer une information d’un simple ragot de vie privée.
Enfin, la technologie. Les puristes pensaient (et certains pensent encore) la science suffisamment avancée pour tagger des photos automatiquement. Un travail rébarbatif, universel, et qui a vocation a être obligatoire vu l’avènement du web sémantique. Donc quand une nouvelle société comme TagCow se lance, tous les fantasmes technologiques apparaissent. Or c’est une certitude, le tagging est fait à la main. Aucune machine ne peut encore appréhender la variété de concepts présents au sein d’une même image. Cela arrivera sans doute, notamment grâce à l’auto-apprentissage statistique, mais doit pour l’instant passer par des armées de globes oculaires. Même le géant Google l’a compris, et a créé des jeux permettant d’utiliser l’UGC pour faire un travail manuel (méthode plutôt radine mais qui a l’avantage de marcher).
Il faut donc redorer le blason de l’intervention humaine. Elle n’est pas le parent pauvre du web moderne, mais sa déclinaison la plus noble, puisque celle qui est seule capable d’enrichir et d’embellir un contenu déstructuré en service fidélisant, passionnant et informatif.
Note : (1) J’ai participé au projet de traduction FaceBook (comme 2000 autres personnes), et le fait de n’avoir aucun privilège à avoir fait gratuitement un travail que je sais être extrêmement onéreux joue certainement dans mon inconscient, ce qui a aboutira certainement à une désaffection immédiate dès qu’un outil plus populaire apparaitra. Faire participer les utilisateurs est une bonne chose, dès lors qu’on sait les récompenser, sinon c’est juste une utilisation malsaine en vue d’économiser de l’argent, ce qui n’est jamais très bien perçu.
tags: communaute, facebook, homme-machine, web2.0
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Posté par Cedric, le 21/03/2008 - Business 2.0
Bonne nouvelle : Fouad Mourtada, l’ingénieur marocain emprisonné pour avoir falsifié l’identité du Prince Moulay Rachid sur Facebook a été gracié par Mohammed VI. Même si les raisons politiques qui motivent cette décision paraissent évidentes (la grande vague de reconstruction menée au Maroc s’appuie sur une image nouvelle qui rassure les investisseurs et les touristes, une image que risquait de ternir la vague de consternation mondiale suscitée par cette affaire ), c’est tout de même un soulagement pour le petit monde de l’internet.
La question que je me pose est toutefois différente : N’y a-t-il aucune des grandes marques de l’internet qui puisse réellement respecter la confidentialité des utilisateurs ? Que les grands noms s’unissent pour combattre les propos racistes ou la pédophilie me parait normal, en revanche, que Facebook (après Yahoo! et la délation d’un dissident chinois) livre sur un plateau un de ses utilisateurs pour un acte si bénin (du point de vue moral), je ne peux pas le comprendre. D’autant qu’au regard de la législation marocaine (qui ressemble beaucoup à la législation française, les lois numériques en moins), Facebook n’a absolument aucun compte à rendre à la royauté.
Les intérêts économiques continuent donc de primer, sur ce media pourtant considéré comme alternatif et potentiellement subversif.
tags: facebook, liberte-expression
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Posté par Cedric, le 10/03/2008 - Business 2.0
Au cours de ces dernières années, ces trois lettres magiques ont envahi l'espace médiatique consacré au web. Qu'ont-elles de si magiques ? En quoi annoncent-elles un changement structurel ?
Découvrons comment un outil purement technique peut servir des motivations exclusivement marketing.
Une API, c'est une interface de programmation, une couche permettant d'externaliser tout ou partie d'un service web. Pour faire simple, une API permet à n'importe quel site d'exécuter certaines fonctions d'un site distant, sans pour autant avoir à changer de site. Au rang des exemples célèbres, on citera Google Maps, puisqu'un développeur peut facilement ajouter sa propre cartes (avec ses propres données comme les « plots ») sur son site, on citera également l'API d'Amazon, qui permet à un site d'interroger directement la base de données du libraire virtuel pour intégrer une dimension marchande à un contenu informatif, etc.
Prenons l'exemple d'un catalogue produit. Pour en donner l'accès à un tiers (un affilié par exemple), il est possible d'extraire la base de données au format XML. Le problème, c'est que quand les bases deviennent trop importantes, le partenaire à besoin d'affiner sa demande pour ne récupérer que les informations affichées à l'écran, exactement comme lors d'une requête à une base de données locale. Pour cela, le format REST fut développé. Il peut s'agit tout simplement d'un script capable de recevoir des arguments (type ?prixMin=20&prixMax=40) et de génèrer ainsi un flux XML sur mesure (ici, les produits qui coutent entre 20 et 40 euros). Plus tard, l'apparition de SOAP permis l'évolution finale des API : la lecture/écriture.
Une API n'a pas vocation à être connue du grand public. Pourtant, tout est fait pour que le grand public les utilise (sans le savoir) le plus possible. Ainsi, les sites qui mettent en place de tels outils vont aller « séduire » les développeurs afin de les « évangéliser » à ses différentes applications. Un prémâchage du travail ayant pour but de voir naître un grand nombre d'applications utilisant l'API (des applications appelées « Mash-ups » quant elles mêlent au moins deux API différentes). Animation d'une communauté de développeurs, conception de code de tests et de documentation exhaustive dans chaque langage de programmation, puis invitation à des « barcamps » ou des séminaires, séduction des meilleurs bloggeurs techniques, les grandes marques du web ne lésinent pas pour faire connaître leurs API.
Quelle que soit sa forme, la mise à disposition d'une API poursuit toujours un objectif marketing. Une des premières API sur laquelle j'ai travaillé était celle d'eBay, à l'époque où je travaillais chez TradeDoubler à trouver des outils pour augmenter les volumes servis et la transformation. L'API faisait alors figure de voiture de luxe pour extraire des données du catalogue d'eBay chez les affiliés, faisant passer les flux XML plats pour leurs parents pauvres.

Composition du trafic avant les APIs

Composition du trafic après les APIs
La vraie évolution apportée par les API est la multiplication des canaux de publication. Là ou le web était un espace cloisonné, cantonné au seul trafic dudit site, il est désormais exportable, se retrouve partout sur le web, et peut donc être lu et enrichi (lecture/écriture) de partout, ce qui augmente la pénétration du service et sa renommée.
Autre utilisation à la mode des API, les applications externes. Popularisé par FaceBook, cette méthode consiste à laisser aux développeurs la possibilité de rajouter du contenu dynamique à un site très visité. L'avantage pour Facebook est ici d'ajouter un niveau supplémentaire dans la personnalisation, puis in fine de rendre indispensable le trafic additionnel apporté aux développeurs d'applications, pour un jour le monétiser. D'autres géants comme MySpace ou plus récemment Apple (voir cet article de R/WW) ont suivi le modèle de FaceBook, aidant à rendre le web encore un peu plus décloisonné.
Le changement qui se cache derrière ces trois lettres est donc fondamental, puisque c'est la structure même du web, et l'entité « site » qui disparaît au profit d'une accession multiple à de nouveaux environnements. Pour faire un parallèle, c'est un peu comme le passage d'une économie nationale traditionnelle à une économie mondialisée, où les frontières existent toujours mais où les pays échangent des produits et des services. Aussi vrai que l'on peut retrouver la rigueur allemande dans une belle voiture au fin fond du Japon, on peut désormais retrouver ses photos de FlickR sur sa page personnelle ou son profil FaceBook. Et aussi vrai que les exportations d'un pays lui rapportent, les visites et utilisations accumulée à l'extérieur du site lui sont extrêmement profitable, grâce à la notoriété du support extérieur qui démultiplie sa puissance de frappe.
tags: api, web-service
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Posté par Cedric, le 29/02/2008 - Business 2.0
J’apprécie globalement la suite en ligne Google Apps. Elle est facile à utiliser, relativement puissante, et permet de délocaliser facilement les données les plus exposées en cas de problème serveur.
J’étais donc très enthousiaste à l’annonce de la sortie de Google Sites, pensant qu’il s’agissait là de la brique manquante du projet, à savoir un véritable outil de gestion de projet, comme BaseCamp ou ActiveCollab.
En fait, la dernière brique de la suite bureautique virtuelle est bien loin de combler ce besoin. Il s’agit en fait de la simple possibilité pour n’importe quel employé de créer un mini-site, à l’intérieur du domaine de l’entreprise ou accessible au grand public.
J’ai du mal à saisir l’utilité de cette fonctionnalité. La spécificité d’une suite de travail collaboratif étant de donner des outils aux administrateurs réseaux ou à la direction pour mieux interagir avec leurs employés. Quel intérêt donc de créer une fonctionnalité qui s’adresse aux employés eux-mêmes, participant ainsi non à la centralisation et la simplification des flux d’informations, mais à leur multiplication et leur confusion ?
Le créneau reste donc vacant, un créneau qui, s’il était comblé par Google, pousserait nombre d’entreprises à faire le pas. Un outil de travail collaboratif, ciblé sur la gestion des milestones et des tâches comme l’excellent Trac, avec, soyons fous, une gestion collaborative des travaux graphiques avec annotations en temps réel comme le fameux ConceptShare. Le tout couplé à des forums de discussions pour des brainstorming produits et des propositions d’améliorations, à nos listes de taches RememberTheMilk et à nos Google Calendars, et Google prendrait là un segment de marché – les TPE/PME technologiques- fort intéressant.