Posté par Cedric, le 12/12/2008 - Business 2.0
...se trouve ici. C'est génial et très bien fait. Dans certains cas, on se dit vraiment que le Flash est une des meilleures inventions du web.
Posté par Cedric, le 10/12/2008 - Business 2.0
Si, comme moi, vous observez chaque année se dérouler LeWeb3 en vous demandant quel est l'intéret d'une conférence censée mettre le petit entrepreneur audacieux au centre des débats, qui facture à ces mêmes entrepreneurs 1500 euros l'entrée pour voir des intervenants tantôt intéressants, tantôt beaucoup moins intéressants s'exprimer, vous aimerez le compte rendu sanglant fait par Paul Carr du Guardian.
A la fin de la lecture de l'article, après un soupir de soulagement lié à la joie de ne pas avoir mis dans deux jours de discussions le prix du dernier Apple MacBook, on ne peut s'empêcher de se dire que la France est vraiment un canard boiteux de l'internet. Au lieu de pousser ce secteur (comme le font les anglais), un des rares à pouvoir encore embaûcher malgré la crise (essentiellement dû à la croissance du taux de pénétration internet qui lui, ne cesse de croître), on cherche à le taxer ou à le fliquer. Et quand on se risque à faire des conférences, le monde entier se moque de nous... Allez, gardons espoir et vive la France!
Posté par Cedric, le 23/11/2008 - Business 2.0
Yahoo! a donc fini par vendre Kelkoo. Pour avoir travaillé deux années chez l'ex premier comparateur de prix en France (et comme tous ceux qui y sont passés récemment), le moins que l'on puisse dire est que ca ne m'étonne pas.
Dans les principaux pays où Kelkoo figurait bien (donc France et UK), l'union avec Yahoo! ressemblait à un mariage contre nature. Yahoo! et sa culture du media, disposait d'équipes bien rôdées, habituées à faire du marketing d'image et à vendre de l'affichage. De l'autre, les équipes très performantes de Kelkoo, ses commerciaux aux dents longues, son marketing orienté à la performance. Bref, deux idées d'internet totalement opposées.
Culturellement, une grosse opposition aussi puisque Kelkoo puisait son succès d'une forte adaptabilité par la technologie. Ce que Yahoo! a complètement ruiné en faisant de Kelkoo une business unit de plus, devant naviguer à travers les méandres du pipeline des priorités pour ne serait-ce que corriger des fautes d'orthographes sur le site. Une situation d'autant plus critique que Kelkoo, c'était avant tout un SEO au top, entretenu par des innovations quasi-quotidiennes. Progressivement, le moteur de shopping s'est enfoncé dans le classement de Google, laissant la part belle à d'anciens comparateurs remis au goût du jour comme LeGuide, où à de nouveaux comparateurs à forte propension d'innovation, comme Twenga.
Qui dit moins de référencement naturel dit plus de dépenses marketing, situation logique puisqu'on s'engage sur des volumes à délivrer. Des achats qui reposent beaucoup sur l'affiliation et le SEM, deux canaux en pente descendante en terme de marge, puisque Google a très largement modifié ses algorithmes de classement pour pénaliser les intermédiaires et favoriser les marchands (un comparateur est, rappelons-le, un simple intermédiaire de la transaction, et un affilié un intermédiaire vers l'intermédiaire).
Des marges qui baissent, une culture technologique anéantie, des problèmes culturels forts, autant d'éléments qui ont rapidement commencé à faire partir les meilleurs employés de la maison Kelkoo, laissant le comparateur devenir une sorte d'enfant illégitime au sein du grand portail.
Posté par Cedric, le 06/10/2008 - Business 2.0
Wikio est un service qui fait beaucoup parler dans le milieu des blogs. Le service, comme son créateur, attise les passions et les fervents partisans de la société genevoise contrastent fort avec la vivacité de ses opposants. Parmi les critiques, on rappelle souvent que la société créée il y a trois ans n'a jamais été rentable. Tentons ici dans un but analytique de comprendre pourquoi.
Le problème de la monétisation de sites comme wikio est liée à mon sens, à la nature même du produit:
#1 Wikio attire les utilisateurs mais ne leur est pas indispensable. Il parait impossible de faire payer pour ce service, car les clients potentiels basculeraient d'une minute à l'autre sur un service similaire et gratuit (digg, google reader, delicious, etc.).
#2 Wikio apporte du trafic aux sites partenaires, et pourraient donc les faire payer pour figurer dans l'annuaire. Oui, sauf que ce que Wikio leur apporte via le portail, wikio leur retire souvent en SEO, puisqu'ils prennent des positions équivalentes voire supérieures sur des requêtes identiques que les blogs qu'ils indexent.
#3 Wikio est un portail, donc une plateforme intermédiaire qui a vocation à renvoyer le trafic vers l'extérieur. En conséquence, une durée par visite probablement faible, qui aboutit sûrement, malgré un trafic conséquent, à un intérêt pour l'annonceur assez moyen, surtout pour des opérations de communication originales et impliquantes (vidéo, habillage, etc.).
#4 Malgré son positionnement "2.0", Wikio (comme la plupart des digg-like) n'apporte aucune valeur réelle à ses utilisateurs. Quand on parle de valeur ici, on évoque "l'engagement" des internautes dans le service, ce qui est uniquement possible si le service leur apporte quelque chose de fondamental, sorte de "rétribution de la visite". Ainsi, MySpace ou Facebook rétribue les utilisateurs actifs en leur permettant de retrouver des amis, et d'être contacté plus facilement à mesure qu'ils postent du contenu. Wikio lui, si l'on regarde bien, est en fait très "1.0", car le service permet de noter des articles, mais n'offre pas d'avantage significatif en retour. La communauté est donc peu engagée, et la propension du service à être squizzé du jour au lendemain par sa base d'utilisateurs est quand même assez forte. A court terme, cela se traduit aussi par des durées de visite plus courtes et des visites elles-mêmes plus espacées.
#5 La cible: plus la cible d'un site internet est dure à cerner, moins le site internet a de marge de manoeuvre pour vendre des opérations publicitaires. Wikio est par essence très généraliste, le profil type du visiteur qui arrivera sur le site via Google va donc être extrêmement varié, et dur à saisir dans sa dimension socio-démographique. Pour le coeur d'utilisateurs qui reviennent, il doit s'agir plutot de geeks, qui, on le sait, ont une forte résistance à la publicité et n'intéressent pas beaucoup les annonceurs en dehors de certains produits de niche (opération de niche qui risque d'exclure les utilisateurs non-geeks).
Alors Wikio va continuer à faire ce qu'il fait pour essayer de faire monter la mayonnaise:
- mise en place d'un comparateur de prix (wikio shopping). C'est la sauce Kelkoo (développé par Saïd Saad, fondateur de MonsieurPrix racheté par Kelkoo), et Pierre Chappaz évolue en terrain connu, donc limite les risques. Reste à voir le poids pris par cette diversification. Si elle prend une place prépondérante, elle pourrait constituer un constat d'échec assez criant eu égard à la stratégie de base.
- la polémique. S'il y a une chose très bien menée sur Wikio, volontairement ou non, c'est bien sa propension à susciter et nourrir la polémique, et donc à créer des pointes de trafic de la part des visiteurs les plus curieux. Reste à savoir si cette image, faite d'attaques féroces en permanence émanant de toutes parts, est à même de rassurer les annonceurs jusqu'à vouloir associer leur marque à cette image.
La conclusion pour les entrepreneurs que Chappaz représente d'une certaine manière, c'est qu'il est toujours plus facile de générer de l'argent quand on en a, j'en veux pour preuve les milliers de bonnes idées qui finissent chaque jour dans un carton, ou les startups efficaces et pleines de promesses qui n'arrivent pas à passer le "tipping point" de la forte croissance, car dimensionner une équipe de façon proactive (avant que la demande explose) requiert des avances de trésoreries dont peu disposent.
Tout cela pour dire que quand l'argent n'est pas un probleme, qu'on embauche autant de personnes, qu'on possède des ambitions si clairement affichées, et que le projet n'est pas rentable au bout de trois ans, il faut se rendre à l'évidence: Wikio est un produit très bien exécuté, qui sait ameuter les visiteurs, mais qui n'est pas addictif, qui n'a pas beaucoup de valeur ajoutée pour les utilisateurs, et est trop dilué en terme de profil de visiteurs pour être monétisable. Or, la rentabilité est ce qu'on demande à tous les entrepreneurs, c'est le résultat sur lequel ils sont jugés. Et en ce sens, on peut se demander si, sans les investissements colossaux de départ et un peu à la manière de Netvibes, le produit ne serait pas déjà mort depuis longtemps.
Posté par Cedric, le 03/09/2008 - Business 2.0
Que vous soyiez développeur, concepteur ou même entrepreneur, vous avez déjà surement eu besoin de matérialiser vos idées de site internet dans un document lisible d'un designer. Il peut s'agir de modéliser une action utilisateur, ou simplement d'une maquette répartissant les différents blocs présents sur une page.
Powerpoint paraissant un outil particulièrement peu approprié pour ce genre de travail, le nouveau logiciel Balsamiq semble tomber à pic. Je l'ai testé dans des conditions réelles pendant un mois (production de 5 info architectures quotidienne pour une agence de design), et c'est un très bel outil. Son fonctionnement ne peut en effet pas être plus simple: vous disposez d'une représentation graphique de tous les éléments d'un site web, puis vous les piochez un par un pour venir les placer à l'intérieur de votre page.
Un petit exemple en vidéo:
Alors certes, le résultat graphique n'est pas une œuvre d'art, mais il est très bien compris des graphistes et a permis, dans l'utilisation que j'en ai faite, d'accélérer très largement la réalisation d'un vaste projet. Deuxième effet Kiss-Cool: passer par l'étape graphique permet, pour un concepteur, d'appréhender encore mieux son système, de rationaliser les idées superflues. Cette étape graphique en fait un vrai test pour la faisabilité technique de votre projet.
Plus globalement, Balsmamiq est le fruit d'un seul homme, Peldo Guilizzoni, et de sa femme, qui se charge de dessiner tous les éléments de l'application. Un créateur qui s'est rapidement fait un buzz aux Etats-Unis, et qui, sans un dollar dépensé en marketing, a fait 10 000$ de chiffre d'affaire en six semaines. Peu avare en conseils, il utilise régulièrement son blog comme une plateforme de partage d'expérience, avec un post absolument incontournable qui retrace pas à pas sa stratégie en terme de communication, d'approche des bloggers, de licenses gratuites, etc.
En bref voici un exemple d'entrepreneuriat simple et efficace, avec un produit lui même très simple et efficace (ah oui, le logiciel tourne sous Adobe Air, donc c'est multi-plateforme), un business model prouvé (une license unique, ce qui facilite les projections financières), une collaboration de la femme (ce qui est mieux pour elle que de se sentir exclue à regarder Sex and the City pendant les 6 mois de développement), un budget marketing nul, ce qui garantit que si l'on parle de vous, c'est que vous le valez, et, cerise sur le gâteau, un entrepreneur qui partage ses enseignements.
La license est à 75$, et il y a une démo gratuite disponible.
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