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Si je devais investir... 11 commentaires

Posté par Cedric, le 15/02/2009 - Business 2.0

T_cbc2ac8539452d2e82debb033f7a2c3fRécemment, Stéphane a publié un apercu des sociétés dans lesquelles il investirait. Je vais suivre son idée et sa suggestion, mais en essayant de me focaliser sur les spécificités qui font pour moi d'un projet qu'il peut être excitant et, bien sûr, rapidement rentable.

L'aspect humain

Assurer le meilleur retour sur investissement, c'est s'assurer que l'entreprise satisfait le maximum de critères garantissant la qualité du projet, ainsi que la solidité de l'équipe. Voici quelques pistes que j'étudierais, avant même de m'intéresser au produit:

- Le financement personnel - Les investisseurs mettent-ils l'argent de leur poche où s'agit-il exclusivement de "friends&family money"? Si l'argent des proches peut être un bon complément à une mise de fonds personnelle, il est difficile d'avoir la même implication viscérale lorsque 100% de l'argent provient d'un riche héritier en quête d'excitation entrepreneuriale.

- La complémentarité de l'équipe: Un grand classique, mais tellement important. Deux ingénieurs particulièrement brillants techniquement sont capables de sortir le meilleur produit jamais conçu, mais il n'est pas dit qu'ils sachent le marketer et le monétiser de la meilleure manière. En général, j'éviterais également les équipes trop nombreuses (pas plus de deux associés, pour garantir une prise de décision rapide et une moindre probabilité de conflits), je privilégierais les associations avec un leader établi (cela évite les goulets d'étranglement décisionnels et clarifie les choses dès le jour un),  et bien sûr, je choisirais le projet sur le profil des entrepreneurs et leur capacité démontrée à innover, à penser toujours une étape plus loin, à être multittâche et rigoureux, à faire avec application une tâche non appréciée (un commercial de nature qui s'applique avec sérieux à tenir sa comptabilité à jour), et bien sûr, avec une personnalité persévérante ET un savoir-vivre. Les bourreaux de travail ayant à mon sens moins de chances d'y arriver que les gens qui aiment leur travail, mais passeront toujours en premier plan leur famille et leurs passions.

L'entrepreneuriat n'est pas un 100 mètres, mais un marathon.

L'aspect produit


- Le secteur d'activité: plus le marché potentiel est énorme, moins l'entreprise aura besoin d'être grosse pour parvenir à gagner de l'argent.

- Le caractère entraînant du produit: sans forcément être le premier sur le marché, il faut démontrer qu'il existe une innovation significative qui garantira pendant plusieurs mois / années que les visiteurs se dirigeront naturellement vers ce service en particulier, et qu'ils y resteront. Généralement, cela consiste à faciliter largement l'entrée sur le site (penser à facebook), et à rendre pénible pour l'utilisateur le fait de le quitter (penser à facebook).

- Ce dernier point est d'autant plus vrai lorsqu'on a une cible professionnelle. Proposer un produit à forte valeur ajoutée permettant de faire des économies (pensons à une techno innovante qui permet de flexibiliser son entreprise et de réduire ses coûts... le cloud computing!) permet de "locker" ses clients pro rapidement, et lorsque vous bâtissez une architecture sur un tel service, il est très compliqué d'en sortir, soit autant de revenus réguliers pour vous.

- Avoir un public restrictif: je préfère financer un site pour les passionnés de tarot qu'un site de covoiturage. Plus la cible est difficile à cerner et se perd dans la globalité (un covoituré pouvant respectivement être passionné d'arts martiaux, proxénète ou chauffeur de limousine, voire les trois à la fois), plus il est difficile de vendre de l'espace publicitaire. L'exception pouvant être d'avoir un service payant, exception soumise au cas où il n'existe pas déjà un service équivalent gratuit.

- Avoir une technologie évolutive: Si j'investis dans un produit à dominante technologique, je veux miser sur une évolution forte du produit, seul facteur garantissant le maintiens d'une position de leader sur un marché. La technologie devra donc être facilement évolutive. Ainsi, un site fait avec Django en Python aura sa préférence sur du "spaghetti code" PHP 4 que seul le développeur stagiaire qui en est à la base serait capable de comprendre. Accessoirement, plus le code est clair et bien pensé, plus il est facile de le maintenir et étendre avec un faible nombre d'ingénieurs, donc moins le côté technologique coûte cher.

- Avoir un produit soigné. Inutile de développer ce point, puisque soit vous essayez de séduire des internautes en masse et dans ce cas, il faut soigner l'apparence, soit vous cherchez à vendre des produits / services, et il faut être clair et rassurant. Il faut donc une application soignée et compréhensible.

Des exemples?


Un marché pérènne (quoique, en ce moment..)  ET une technologie évolutive (symfony) ET une équipe extrêmement qualifiée ET une interface claire: Drimki

 

Une interface claire ET une technologique évolutive ET une cible restreinte avec un traffic de masse: Stackoverflow

 

Une innovation de rupture ET un service adressé aux professionnels ET une interface claire largement documenté: l'hébergeur Slicehost, à mi chemin entre de l'hosting semi-dédié et du cloud computing, avec une interface étonnamment simple. (ok, ce service a déjà été racheté par rackspace, mais quand même)

Une variante de ce dernier exemple avec RightScale qui cumule un service très pointu techniquement, une interface claire, un management compétent et un certain talent pour la communication et le marketing produit (lire leur blog).

Ce n'est là qu'un aperçu, je n'ai malheureusement plus assez de temps pour effectuer une veille régulière des startups qui se créent, mais les points évoqués ci-dessus (liste non-exhaustive évidemment) me paraissent garantir certains atouts pour les projets innovants qui apparaissent régulièrement dans nos flux RSS.

Et vous, dans quelles startup investiriez vous? Pensez-vous qu'il existe d'autres critères de réussite?

Il y a du chemin à faire... 12 commentaires

Posté par Cedric, le 09/01/2009 - Business 2.0

Difficile de concurrencer des pays qui ont compris il y a déja 10 ans que les nouvelles technologies étaient un vecteur inespéré de croissance, quand on est dirigés par ca:

 

Via Rémi

Toute la presse écrite... 7 commentaires

Posté par Cedric, le 12/12/2008 - Business 2.0

...se trouve ici. C'est génial et très bien fait. Dans certains cas, on se dit vraiment que le Flash est une des meilleures inventions du web.

The Guardian: 1 - Loïc Le Meur: 0 8 commentaires

Posté par Cedric, le 10/12/2008 - Business 2.0

T_1da007f99aff5025ae1cbd9ed4f6c202Si, comme moi, vous observez chaque année se dérouler LeWeb3 en vous demandant quel est l'intéret d'une conférence censée mettre le petit entrepreneur audacieux au centre des débats, qui facture à ces mêmes entrepreneurs 1500 euros l'entrée pour voir des intervenants tantôt intéressants, tantôt beaucoup moins intéressants s'exprimer, vous aimerez le compte rendu sanglant fait par Paul Carr du Guardian.

A la fin de la lecture de l'article, après un soupir de soulagement lié à la joie de ne pas avoir mis dans deux jours de discussions le prix du dernier Apple MacBook, on ne peut s'empêcher de se dire que la France est vraiment un canard boiteux de l'internet. Au lieu de pousser ce secteur (comme le font les anglais), un des rares à pouvoir encore embaûcher malgré la crise (essentiellement  dû à la croissance du taux de pénétration internet qui lui, ne cesse de croître), on cherche à le taxer ou à le fliquer. Et quand on se risque à faire des conférences, le monde entier se moque de nous... Allez, gardons espoir et vive la France!

Yahoo! vend Kelkoo 5 commentaires

Posté par Cedric, le 23/11/2008 - Business 2.0

T_dcb1bc2aa1b8e410ed506bbd9bffb3fcYahoo! a donc fini par vendre Kelkoo. Pour avoir travaillé deux années chez l'ex premier comparateur de prix en France (et comme tous ceux qui y sont passés récemment), le moins que l'on puisse dire est que ca ne m'étonne pas.

Dans les principaux pays où Kelkoo figurait bien (donc France et UK), l'union avec Yahoo! ressemblait à un mariage contre nature. Yahoo! et sa culture du media, disposait d'équipes bien rôdées, habituées à faire du marketing d'image et à vendre de l'affichage. De l'autre, les équipes très performantes de Kelkoo, ses commerciaux aux dents longues, son marketing orienté à la performance. Bref, deux idées d'internet totalement opposées.

Culturellement, une grosse opposition aussi puisque Kelkoo puisait son succès d'une forte adaptabilité par la technologie. Ce que Yahoo! a complètement ruiné en faisant de Kelkoo une business unit de plus, devant naviguer à travers les méandres du pipeline des priorités pour ne serait-ce que corriger des fautes d'orthographes sur le site. Une situation d'autant plus critique que Kelkoo, c'était avant tout un SEO au top, entretenu par des innovations quasi-quotidiennes. Progressivement, le moteur de shopping s'est enfoncé dans le classement de Google, laissant la part belle à d'anciens comparateurs remis au goût du jour comme LeGuide, où à de nouveaux comparateurs à forte propension d'innovation, comme Twenga.

Qui dit moins de référencement naturel dit plus de dépenses marketing, situation logique puisqu'on s'engage sur des volumes à délivrer. Des achats qui reposent beaucoup sur l'affiliation et le SEM, deux canaux en pente descendante en terme de marge, puisque Google a très largement modifié ses algorithmes de classement pour pénaliser les intermédiaires et favoriser les marchands (un comparateur est, rappelons-le, un simple intermédiaire de la transaction, et un affilié un intermédiaire vers l'intermédiaire).

Des marges qui baissent, une culture technologique anéantie, des problèmes culturels forts, autant d'éléments qui ont rapidement commencé à faire partir les meilleurs employés de la maison Kelkoo, laissant le comparateur devenir une sorte d'enfant illégitime au sein du grand portail.