Posté par Cedric, le 06/10/2008 - Business 2.0
Wikio est un service qui fait beaucoup parler dans le milieu des blogs. Le service, comme son créateur, attise les passions et les fervents partisans de la société genevoise contrastent fort avec la vivacité de ses opposants. Parmi les critiques, on rappelle souvent que la société créée il y a trois ans n'a jamais été rentable. Tentons ici dans un but analytique de comprendre pourquoi.
Le problème de la monétisation de sites comme wikio est liée à mon sens, à la nature même du produit:
#1 Wikio attire les utilisateurs mais ne leur est pas indispensable. Il parait impossible de faire payer pour ce service, car les clients potentiels basculeraient d'une minute à l'autre sur un service similaire et gratuit (digg, google reader, delicious, etc.).
#2 Wikio apporte du trafic aux sites partenaires, et pourraient donc les faire payer pour figurer dans l'annuaire. Oui, sauf que ce que Wikio leur apporte via le portail, wikio leur retire souvent en SEO, puisqu'ils prennent des positions équivalentes voire supérieures sur des requêtes identiques que les blogs qu'ils indexent.
#3 Wikio est un portail, donc une plateforme intermédiaire qui a vocation à renvoyer le trafic vers l'extérieur. En conséquence, une durée par visite probablement faible, qui aboutit sûrement, malgré un trafic conséquent, à un intérêt pour l'annonceur assez moyen, surtout pour des opérations de communication originales et impliquantes (vidéo, habillage, etc.).
#4 Malgré son positionnement "2.0", Wikio (comme la plupart des digg-like) n'apporte aucune valeur réelle à ses utilisateurs. Quand on parle de valeur ici, on évoque "l'engagement" des internautes dans le service, ce qui est uniquement possible si le service leur apporte quelque chose de fondamental, sorte de "rétribution de la visite". Ainsi, MySpace ou Facebook rétribue les utilisateurs actifs en leur permettant de retrouver des amis, et d'être contacté plus facilement à mesure qu'ils postent du contenu. Wikio lui, si l'on regarde bien, est en fait très "1.0", car le service permet de noter des articles, mais n'offre pas d'avantage significatif en retour. La communauté est donc peu engagée, et la propension du service à être squizzé du jour au lendemain par sa base d'utilisateurs est quand même assez forte. A court terme, cela se traduit aussi par des durées de visite plus courtes et des visites elles-mêmes plus espacées.
#5 La cible: plus la cible d'un site internet est dure à cerner, moins le site internet a de marge de manoeuvre pour vendre des opérations publicitaires. Wikio est par essence très généraliste, le profil type du visiteur qui arrivera sur le site via Google va donc être extrêmement varié, et dur à saisir dans sa dimension socio-démographique. Pour le coeur d'utilisateurs qui reviennent, il doit s'agir plutot de geeks, qui, on le sait, ont une forte résistance à la publicité et n'intéressent pas beaucoup les annonceurs en dehors de certains produits de niche (opération de niche qui risque d'exclure les utilisateurs non-geeks).
Alors Wikio va continuer à faire ce qu'il fait pour essayer de faire monter la mayonnaise:
- mise en place d'un comparateur de prix (wikio shopping). C'est la sauce Kelkoo (développé par Saïd Saad, fondateur de MonsieurPrix racheté par Kelkoo), et Pierre Chappaz évolue en terrain connu, donc limite les risques. Reste à voir le poids pris par cette diversification. Si elle prend une place prépondérante, elle pourrait constituer un constat d'échec assez criant eu égard à la stratégie de base.
- la polémique. S'il y a une chose très bien menée sur Wikio, volontairement ou non, c'est bien sa propension à susciter et nourrir la polémique, et donc à créer des pointes de trafic de la part des visiteurs les plus curieux. Reste à savoir si cette image, faite d'attaques féroces en permanence émanant de toutes parts, est à même de rassurer les annonceurs jusqu'à vouloir associer leur marque à cette image.
La conclusion pour les entrepreneurs que Chappaz représente d'une certaine manière, c'est qu'il est toujours plus facile de générer de l'argent quand on en a, j'en veux pour preuve les milliers de bonnes idées qui finissent chaque jour dans un carton, ou les startups efficaces et pleines de promesses qui n'arrivent pas à passer le "tipping point" de la forte croissance, car dimensionner une équipe de façon proactive (avant que la demande explose) requiert des avances de trésoreries dont peu disposent.
Tout cela pour dire que quand l'argent n'est pas un probleme, qu'on embauche autant de personnes, qu'on possède des ambitions si clairement affichées, et que le projet n'est pas rentable au bout de trois ans, il faut se rendre à l'évidence: Wikio est un produit très bien exécuté, qui sait ameuter les visiteurs, mais qui n'est pas addictif, qui n'a pas beaucoup de valeur ajoutée pour les utilisateurs, et est trop dilué en terme de profil de visiteurs pour être monétisable. Or, la rentabilité est ce qu'on demande à tous les entrepreneurs, c'est le résultat sur lequel ils sont jugés. Et en ce sens, on peut se demander si, sans les investissements colossaux de départ et un peu à la manière de Netvibes, le produit ne serait pas déjà mort depuis longtemps.
Posté par Cedric, le 03/09/2008 - Business 2.0
Que vous soyiez développeur, concepteur ou même entrepreneur, vous avez déjà surement eu besoin de matérialiser vos idées de site internet dans un document lisible d'un designer. Il peut s'agir de modéliser une action utilisateur, ou simplement d'une maquette répartissant les différents blocs présents sur une page.
Powerpoint paraissant un outil particulièrement peu approprié pour ce genre de travail, le nouveau logiciel Balsamiq semble tomber à pic. Je l'ai testé dans des conditions réelles pendant un mois (production de 5 info architectures quotidienne pour une agence de design), et c'est un très bel outil. Son fonctionnement ne peut en effet pas être plus simple: vous disposez d'une représentation graphique de tous les éléments d'un site web, puis vous les piochez un par un pour venir les placer à l'intérieur de votre page.
Un petit exemple en vidéo:
Alors certes, le résultat graphique n'est pas une œuvre d'art, mais il est très bien compris des graphistes et a permis, dans l'utilisation que j'en ai faite, d'accélérer très largement la réalisation d'un vaste projet. Deuxième effet Kiss-Cool: passer par l'étape graphique permet, pour un concepteur, d'appréhender encore mieux son système, de rationaliser les idées superflues. Cette étape graphique en fait un vrai test pour la faisabilité technique de votre projet.
Plus globalement, Balsmamiq est le fruit d'un seul homme, Peldo Guilizzoni, et de sa femme, qui se charge de dessiner tous les éléments de l'application. Un créateur qui s'est rapidement fait un buzz aux Etats-Unis, et qui, sans un dollar dépensé en marketing, a fait 10 000$ de chiffre d'affaire en six semaines. Peu avare en conseils, il utilise régulièrement son blog comme une plateforme de partage d'expérience, avec un post absolument incontournable qui retrace pas à pas sa stratégie en terme de communication, d'approche des bloggers, de licenses gratuites, etc.
En bref voici un exemple d'entrepreneuriat simple et efficace, avec un produit lui même très simple et efficace (ah oui, le logiciel tourne sous Adobe Air, donc c'est multi-plateforme), un business model prouvé (une license unique, ce qui facilite les projections financières), une collaboration de la femme (ce qui est mieux pour elle que de se sentir exclue à regarder Sex and the City pendant les 6 mois de développement), un budget marketing nul, ce qui garantit que si l'on parle de vous, c'est que vous le valez, et, cerise sur le gâteau, un entrepreneur qui partage ses enseignements.
La license est à 75$, et il y a une démo gratuite disponible.
Posté par Cedric, le 18/06/2008 - Business 2.0
Alors que l'Euro 2008 de l'Equipe de France se termine, je réalise que moi, comme l'ensemble de mon entourage masculin avons lu la quasi intégralité des interviews de joueurs et d'entraineurs sur lequipe.fr depuis deux bonnes semaines maintenant.
Ce site représente pour moi une sorte de cas d'éthique de la publicité en ces temps de grande compétition internationale et donc de trafic décuplé. En effet, pas un jour ne se passe sans un habillage complet de la page d'accueil, couplé à une vidéo qui se déclenche toute seule (avec du son, s'il vous plait), sans compter les dizaines de bannières de pub clinquantes en rotation, les liens sponsorisés et évidemment le partenariat en marque blanche avec MSN horriblement intégré. Et comme si cela ne suffisait pas, les galeries photos d'après match sont intégrées dans une télélvision Phillips (voir image), télévision au côté de laquelle trône un beau L-REC pour la marque hollandaise.
Alors certes, on nous rétorquera qu'Internet est un media gratuit, qui ne se rémunère, comme les quotidiens déposés dans nos mains à l'entrée du métro, que par la publicité. On nous dira aussi que le site génère des frais, et qu'une compétition sportive de cette envergure représente un créneau unique pour faire de la marge. Les théoriciens, observateurs du déclin de TF1 en bourse y verront même une fort belle reconversion pour une presse papier dont le lectorat a été largement cannibalisé par les media numérique... Il n'empeche... trop c'est trop.
Lequipe.fr reste à mon sens un site globalement mal réalisé (surtout niveau graphique et ergonomique), qui n'a de toute évidence pas d'autre souci que celui de la maximisation du profit: Flux RSS tronqué pour augmenter les visites et les classements divers (nnr, etc.), infos tirées des éditions papier tronquées pour appater les acheteurs potentiels tout en monétisant les deux supports; et absolument aucune limite dans l'invasion publicitaire pendant la lecture (y compris des flash transparents animés difficiles à faire disparaitre).
En bref, lequipe confirme que les media traditionnels ont vraiment du mal à comprendre comment marche le numérique. Mais ils tiennent car ils profitent de leur notoriété naturelle, couplée à leur déploiement journalistique qu'aucun media purement online ne peut encore leur contester. Mais les choses risquent de changer... et nul doute que lorsqu'un site sportif plus complet, plus exhaustif, et mis à jour aussi souvent, verra le jour, les internautes se dirigeront naturellement vers celui qui les respecte le plus... mais comme de revoir une équipe de France championne du monde... ce n'est pas pour tout de suite.
Posté par Cedric, le 05/06/2008 - Business 2.0
J’ai été invité à tester SlideRocket. Ce concurrent annoncé à Slideshare (sorte de youtube du powerpoint) est attendu avec impatience sur la blogosphère.
Le service consiste en une grosse application développée en Flex. Ce nouveau langage d’Adobe permet de réaliser des applications puissantes « browser agnostic » comme disent les anglophones, donc indépendantes de l’environnement sur lesquels elles sont exécutées, puisqu’elles sont gérées par un plugin (plugin Flash, sur laquelle cette techno est basée).
Cela veut dire qu’on peut s’affranchir complètement des limites du navigateur. Et c’est ce que fait très bien SlideRocket. Loin de se limiter au strict partage de présentation, ce service offre la possibilité de créer en ligne sa présentation. Et vous savez quoi ? C’est vraiment pas mal. L’interface riche est très bien faite, et la possibilité du web rend vos présentations plus interactives : en plus des habituelles formes, vous pouvez ajouter vidéos du web, vidéos flash – flv- des photos stockées en ligne –flickR et compagnie- etc., ce qui donne un coup de jeune à nos présentations.
Pour l’instant je n’ai pas réussi à l’exporter, ca doit être faisable en .swf, mais aucune idée de la possibilité de le faire au format .pps (powerpoint slideshow). De la même manière je ne sais pas si on peut récupérer la présentation sur Google Presentation. En revanche vous pourrez importer tout type de documents.
Pour le reste on attendra de voir la version définitive. Mais on a vraiment l’impression que les application de type « web-desktops » arrivent avant les système d’exploitation web eux-mêmes. Une tendance absolument inévitable, qui offre en + plus de classe et de nouveaux styles à nos présentations.
Qui s’en plaindra ?
Posté par Cedric, le 22/05/2008 - Business 2.0
Connaissez-vous Puboclic ? Et bien, moi non plus. Enfin, en tout cas assez pour avoir été / m'être inscrit à leurs services. Je reçois donc des mails de leur part, la plupart du temps pour relayer les offres moyennement intéressantes d'annonceurs eux-mêmes moyennement intéressants. Passons.
Voici l'email que j'ai (et donc tous les inscrits de leur plateforme) ont reçu :
Bonjour, Comme vous avez pù le constater, le site puboclic est totalement Hors Service. Un petit amateur a essayé de hacker notre serveur. Nous avons donc couper les accés à puboclic, et nous allons devoir poursuivre ce petit malin. Et oui, pensant être le plus malin, ce Lionel P. va trés prochainement avoir des nouvelles de : - Nos avocats. - De son F.A.I (Cogent à Saint Denis) - Et surtout des autorités. A cause de ce monsieur, nous avons (vous et nous) perdu de l'argent et du temps, car si le site ne fonctionne pas, vous ne pouvez générer quoi que ce soit. Il est toujours temps de nous contacter afin d'éclaircir au plus vite cette affaire si vous souhaitez éviter d'avoir à payer plus de 100 000 € de dommages. Sinon, votre régie sera de retour dans les plus brefs delais. Nos techniciens mettent tout en oeuvre pour régler les problèmes que nous avons rencontré. Publicitairement votre, L'equipe PubOcliC http://www.puboclic.com
Plateformes, voici l'archétype de l'email qu'il ne faut jamais envoyer à votre base. Voici l'image que j'ai de cette entreprise après ce mail: (les autres destinataires ne doivent pas être loin de celà non plus)
Vous vivez une crise ? RASSUREZ vos clients. Le problème est en cours de résolution. Stop. Inutile de donner le nom du FAI du pirate qui vous a hacké, ca n'intéresse pas le client que je suis, et ca m'enlève le peu de confiance que j'avais déjà en vous (rappelons que ces gens ont les coordonnées bancaires de centaines, voire de milliers de personnes).
De la même manière, ne rappelez JAMAIS à vos clients qu'ils ont perdu de l'argent. JAMAIS, même si c'est le cas. Et sachez que de dire que vous en avez perdu n'allège en rien leur rancœur. A juste titre.
Les plateformes d'affiliation sont quand même souvent faibles techniquement. A une époque, j'étais payé pour voir si on pouvait frauder sur telle ou telle plateforme. Honnêtement, aussi longtemps que le seul système d'authentification à travers le temps restera le cookie, on pourra générer des fausses transactions en quelques minutes. Certaines plateformes innovent et utilisent les web-services et des système de vérification avancées, mais on est encore au début. On y reviendra. Pour l'instant, méditons cet exemple de communication de crise catastrophique.
Note : à l'heure où j'écris (20 Mai, 11h30), Puboclic est encore indisponible. Encore une fois, ils sont chanceux d'être tombés sur un petit amateur.
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