Posté par Cedric, le 23/11/2008 - Business 2.0
Yahoo! a donc fini par vendre Kelkoo. Pour avoir travaillé deux années chez l'ex premier comparateur de prix en France (et comme tous ceux qui y sont passés récemment), le moins que l'on puisse dire est que ca ne m'étonne pas.
Dans les principaux pays où Kelkoo figurait bien (donc France et UK), l'union avec Yahoo! ressemblait à un mariage contre nature. Yahoo! et sa culture du media, disposait d'équipes bien rôdées, habituées à faire du marketing d'image et à vendre de l'affichage. De l'autre, les équipes très performantes de Kelkoo, ses commerciaux aux dents longues, son marketing orienté à la performance. Bref, deux idées d'internet totalement opposées.
Culturellement, une grosse opposition aussi puisque Kelkoo puisait son succès d'une forte adaptabilité par la technologie. Ce que Yahoo! a complètement ruiné en faisant de Kelkoo une business unit de plus, devant naviguer à travers les méandres du pipeline des priorités pour ne serait-ce que corriger des fautes d'orthographes sur le site. Une situation d'autant plus critique que Kelkoo, c'était avant tout un SEO au top, entretenu par des innovations quasi-quotidiennes. Progressivement, le moteur de shopping s'est enfoncé dans le classement de Google, laissant la part belle à d'anciens comparateurs remis au goût du jour comme LeGuide, où à de nouveaux comparateurs à forte propension d'innovation, comme Twenga.
Qui dit moins de référencement naturel dit plus de dépenses marketing, situation logique puisqu'on s'engage sur des volumes à délivrer. Des achats qui reposent beaucoup sur l'affiliation et le SEM, deux canaux en pente descendante en terme de marge, puisque Google a très largement modifié ses algorithmes de classement pour pénaliser les intermédiaires et favoriser les marchands (un comparateur est, rappelons-le, un simple intermédiaire de la transaction, et un affilié un intermédiaire vers l'intermédiaire).
Des marges qui baissent, une culture technologique anéantie, des problèmes culturels forts, autant d'éléments qui ont rapidement commencé à faire partir les meilleurs employés de la maison Kelkoo, laissant le comparateur devenir une sorte d'enfant illégitime au sein du grand portail.
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