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Posté par Cedric, le 15/05/2008 - Technologie
C'est désormais officiel, la refonte du désormais célèbre Yahoo! Answers (questions/réponses en français) a été développé en PHP, avec le Framework symfony.
Dans une présentation très instructive, on apprend quels sont les éléments décisifs ayant amenés la firme de Sunnyvale a adopter le Framework open source symfony, développé et maintenu par des français. Parmi les avantages soulignés, sa séparation claire des couches métier, logique et présentation (le paradigme MVC), son extensibilité (système de plugins), sa facilité d'internationalisation, et son excellente documentation.
symfony semble donc continuer sa route dorée vers le statut tant convoité des applications open-source professionnelles. Sa crédibilité augmente à mesure que des sites à très fort trafic l'adoptent et arrivent ainsi à allier extensibilité et performances. Dustin Whittle cite d'ailleurs un chiffre impressionnant : moins de 100ms de chargement pour cette application 100% dynamique (l'application étant mise à jour trop souvent pour pouvoir être mise en cache).
On notera que Yahoo! n'en n'est pas à son coup d'essai, puisque l'application Yahoo! Bookmarks avait déjà été développée avec symfony en 2006. C'est à cette occasion que j'avais découvert le Framework, lors d'une conférence téléphonique appelée Tech Talks (oui, j'étais au marketing où je me suis d'ailleurs occupé d'une partie du lancement de Answers en France, mais ma schizophrénie professionnelle me rattrapa ;-) ), avant d'en faire la technologie de base utilisée dans mon agence. Yahoo! était pour cela une belle entreprise, avec un accès intranet assez incoryable où les discussions de pointe étaient ouvertes à tous, et faisaient intervenir quelques uns des meilleurs programmeurs au monde (dont Rasmus Lerdorf, inventeur du PHP et employé chez Yahoo!).
La sortie imminente de symfony 1.1 et son système de formulaire 100% indépendant et MVC compliant, de même que ses récentes évolutions conceptuelles (moins « prêt à l'emploi », mais plus fiable et plus extensible, une sorte de couche basse complète sur laquelle on peut bâtir des ensembles solides), font de symfony un outil extrêmement crédible pour développer des applications fiables et évolutives.
Il est temps d'observer les bénéfices de cette nouvelle : non seulement la communauté des développeurs devrait s'élargir à mesure que les applications professionnelles adopteront l'outil, mais Yahoo! va prochainement déverser dans la communauté les plugins fort intéressants qu'ils ont développé pour le projet. Vous avez la liste dans la présentation de Dustin. J'ai particulièrement hâte de voir à quoi va ressembler le plugin ysfBuildPlugin, qui semble offrir un superbe outil pour maximiser l'efficacité de son déploiement. L'évolution du plugin ysfDimensionPlugin semble également prometteuse dans le cadre d'applications distribuées et internationales.
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Posté par Cedric, le 23/04/2008 - Business 2.0
Alors que l'offre de rachat de Microsoft à Yahoo! a expiré, alors que des tractations se mènent en haut lieu entre le géant du logiciel et News Corp., éditrice de MySpace, la pression semble changer légèrement de camp ces derniers jours.
Je vois deux raisons essentielles à cela : la première est simple ; les géants de l'Internet commencent à comprendre que l'hégémonie de Google n'est pas éphémère, puisqu'elle a été entretenue par un vent continu d'innovation, sorte de combustible de la performance. En se diversifiant subtilement, Google a successivement placé des billes stratégiques dans ce qui composera à coup sûr l'Internet de demain : les mobiles (Androïd, Google Maps, partenariats avec Apple pour l'iPhone), la recherche globale (vidéo, blogs, images), les suites bureautiques (Docs, Spreadsheet, Presentation..), les applications web de base (mail, calendrier, notes), et pour finir, le marché des professionnels (Google Apps).
Si l'on fait le lien entre tout cela, on obtient environ 95% de l'utilisation classique d'un internaute. Pire encore, en y ajoutant une ou deux briques (l'édition d'image par exemple, façon Picnik), on s'approche même de l'utilisation classique d'un ordinateur.
Cela a deux conséquences : la première est qu'en captant l'ensemble des activités des internautes, Google devient (ou est devenu) un one-stop-shop du web, celui qu'on a presque plus besoin de quitter puisqu'il satisfait à la perfection l'ensemble de nos besoins. Une capitalisation du trafic qui permet de capter la quasi intégralité des budgets annonceurs, aujourd'hui par les liens sponsorisés, demain au sein même des vidéos. De la même manière, les diversifications subtiles opérées ces dernières années ouvrent de formidables opportunités de monétisation nouvelles : l'avènement du mobile et d'un OS pour portable ouvrira l'ère de l'accession des commerces traditionnels (ie offlines) à la publicité en ligne. De la même manière, la présence de Google sur le marché des professionnels va leur permettre d'attaquer un des rares secteurs à n'avoir jamais réellement percé sur Internet : le marché de la publicité B2B.
Alors News Corp et Microsoft ont toutes les raisons de s'inquiéter. La lutte en jeu concerne le gros gâteau du trafic mondial (et donc, des revenus publicitaires) pour les dix prochaines années, une lutte que ces deux géants sentent filer entre leurs doigts. Une alliance est donc possible, voire indispensable, afin d'acquérir Yahoo!, qui reste quoiqu'il arrive l'entreprise la plus à même de générer des carrefours d'audience en un claquement de doigts (on reparlera d'ailleurs bientôt de Yahoo! Shine à ce titre). Une habilité à capter l'internaute grâce à des services de qualité et un contenu riche, qui créé une combinaison forte intéressante si l'on connecte à cela la force incroyable du réseau social MySpace, et la puissance de feu de Microsoft sur certains produits (Messenger aujourd'hui, Office Live demain). A y regarder de plus près, Yahoo! et MySpace complètent parfaitement les faiblesses de Google (le contenu et le communautaire), et Microsoft semble quant à lui seul capable de prendre le leader en frontal sur ses activités cœur (Recherche, Bureautique, Progiciels, Mobile…).
Enfin, il est plus qu'urgent pour Microsoft de prendre une position à l'encontre de Google car les chiffres de Vista sont éloquents : ils témoignent du plus faible taux de propagation de l'histoire de Windows. Beaucoup voient d'ailleurs cette version comme celle qui sonne la fin de l'hégémonie de Microsoft dans le domaine tant convoité des OS. En effet, la stabilité d'Unix fait le bonheur des utilisateurs de Mac et d'Ubuntu, et la tendance claire et désormais universellement connue est bien celle du Web OS à l'horizon 2011. Un web-OS, soit le navigateur comme seul programme nécessaire sur un ordinateur, le reste des services étant directement accessible en ligne (vidéo HD y compris avec l'arrivée des fibres optiques et du streaming HD). Un web-OS qui entre en cohérence parfaite avec le besoin accru de mobilité, puisqu'on peut retrouver ses fichiers de n'importe quel poste, fixe ou mobile, en se connectant simplement à ses différents comptes. Un web-OS sur lequel planche déjà, n'en doutons pas, la firme de Mountain View.
Nous allons donc vivre des semaines très intéressantes, puisque les alliances stratégiques qui sont en train de se former vont redessiner l'écosystème des leaders de l'internet pour la prochaine décennie. Il s'agit aussi peut être du début de la fin de l'ère Microsoft. Qui eût cru que Yahoo! serait un jour à nouveau la pièce maîtresse du puzzle Internet ?