Poste par Cedric Sadai, le 22/06/11 - Business 2.0

1997, l’année où Steve Jobs revint aux commandes d’Apple via l’acquisition de NeXT (ancêtre de MacOsX). Cette conférence intervient six mois après sa (re)prise de pouvoir et les changements stratégiques drastiques qui allèrent avec. Attention, véritable cours de stratégie.

 

Poste par Cedric Sadai, le 12/05/11 - Business 2.0

Voici un graphiste pas comme les autres. Emmanuel Didier. Un véritable artiste, maître du pinceau, de la bombe, comme du stylet ou de la souris. Son univers est particulier et sa versatilité unique.

Cold Blood

Cet artiste incroyable est désormais freelance, et est disponible pour des missions. Quelques exemples de son travail:

Plus de travaux, ainsi que tous les moyens pour le contacter en allant sur son site web.

Poste par Cedric Sadai, le 14/03/11 - Business 2.0

Twitter fait depuis trois ans une percée fulgurante dans notre façon de consommer l’internet. Une des raisons essentielle de cette percée phénoménale est la décentralisation du service. En effet, une grande minorité des gens qui utilisent Twitter utilisent Twitter, à proprement parler. Les clients iPhone, Androïd, Mac, Windows sont légion, et ont contribué à dématérialiser Twitter, si bien qu’il est progressivement devenu un fournisseur de tuyaux, ou, de manière moins péjorative, une application de stockage décentralisée.

L’inconvénient de ce système, c’est que quand vous confiez à d’autres la diffusion d’un service dont vous assumez l’ensemble des coûts, vous vous exposez à ce que d’autres parviennent à monétiser ce que vous payez. Ceci, d’un point de vue rationnel, est un non-sens.

Je le soulevais dans un article précédent, consacré aux trop fortes dépendances à l’égard de services web, dont la perennité est pourtant incertaine.

3/ Twitter: Ce service est devenu en quatre années à peine, l’une des applications les plus centrales de la vie de l’internaute moyen. Twitter a en effet, en une seule application, remplacé certains usages des mails, des messageries instantanées, des lecteurs RSS, et même de certains réseaux sociaux comme Facebook. Outil de promotion, de communication, de networking, d’information, il est aujourd’hui le “broadcaster” officiel de l’internet. Pourtant, d’un point de vue purement économique, Twitter, c’est le néant. Peu ou pas de revenu, une stratégie réelle et bien conçue (Twitter Analytics, outils professionnels pour les marques, etc..) mais pas forcément rentable quand on connait les coûts inhérents au stockage et à l’analyse de données à grande échelle. Alors, n’y a t-il pas décorellation entre l’importance prise par Twitter, et le fait que le service soit édité par une entreprise privée, donc confrontée à des obligation terre-à-terre de rentabilité? N’a t-on pas passé le seuil avec Twitter du service d’utilité public? Ne faudrait-il pas créer un service public de la diffusion de message de 140 caractères? On sait que la complexité intrinsèque d’un tel service est minime, mais comment assurer son bon fonctionnement? Monter des campagnes de dons à la Wikipedia? Ou créer une sorte d’impôt numérique transnational, collecté par les états (sur le prix du FAI) et reversés à ces communautés de bénévoles pour payer les serveurs? Autant de questions qui resteront sans réponse, aussi longtemps que les intérêts économiques privés, et la puissance des états luttera contre toute initiative échappant à toute règle économique classique. (recherche du profit)

Depuis l’annonce de la modification des conditions d’utilisation de l’API (en douce, un Vendredi soir), et donc, de la mort annoncée de tout un écosystème d’application qui fait pourtant partie du quotidien des utilisateurs, beaucoup de voix s’élèvent en France comme aux Etats-Unis, pour que le développeur (lire: la communauté open-source) reprenne le projet Twitter afin d’échapper à la déferlante de la logique économique, qui ne manquera pas de s’appliquer au projet (publicité, analyse de la sémantique des twitts à des fins de profiling donc commerciales, etc…).

Ou encore, David Heinemer-Hanson:

La question de toutes ces dépendances se pose de plus en plus. Après Google qui fait la pluie et le beau temps sur au moins 50% des business Internet via les changements incessants du SEO et du SEM, ou au gré de leurs orientations stratégiques produit (voir Google Product search), les utilisateurs sont désormais concernés, avec la fin imminente de Delicious, les restrictions croissantes de Twitter, l’utilisation des données personnelles toujours plus évidente de Facebook, etc…

Après l’Open-source des logiciels, j’attends avec impatience l’open-source des services, seule alternative réelle à ces formes de totalitarismes technologiques à venir ou en place. Mais les questions sont nombreuses, comme celle du financement de tels projets, de leur lieu de stockage, ou encore, de l’accès effectif à ces données.

Il ne faut pas oublier que même dans l’Open-source, il existe des leaders et des suiveurs, et très souvent, un projet en apparence philantropique se transforme en outil de séduction commerciale ou en personal branding pour son auteur. Empêcher un utilisateur de s’accaparer le projet, ou annihiler le risque de destruction / utilisation des données par les utilisateurs qui possèdent les privilèges suffisants pour le faire, constituent donc un défi d’ampleur pour construire ces formes de contre-pouvoir, situation inconnue il y encore 7 ans.

Poste par Cedric Sadai, le 29/01/11 - Marketing Online

Les témoignages clients sont beaucoup utilisés en marketing pour donner du crédit à un produit/service. Sauf quand c’est surjoué, auquel cas le témoignage joue contre la marque. Je vous laisse apprécier le commentaire de “Ludivine de Nice”, attention les yeux, c’est une véritable déclaration d’amour.

Poste par Cedric Sadai, le 20/12/10 - Business 2.0

La récente décision de Yahoo! de fermer son service de bookmark social Delicious, acquis en 2004, soulève la question de la dépendance parfois trop grande aux applications stockées en ligne. Voici une liste de 5 services que l’on a tendance à prendre pour acquis, et dont la disaprition aurait des conséquences graves pour ses utilisateurs.

1/ Delicious: Comme on l’a vu dès l’annonce de sa fermeture par Yahoo!,  Delicious est l’exemple parfait de l’application considérée comme acquise. Dès lors, nous avons centralisé l’ensemble de nos favoris dessus, opération rendue facile par l’élaboration d’applications rendant le service utilisable sans même plus passer par le site web. Plugins Firefox, Chrome, Safari, iPhone même; si bien que l’on a oublié que le service n’avait jamais été rentable, et n’avait aucune raison tangible de le devenir.

Désormais, -et de manière un peu hystérique-, tous les développeurs réclament une gestion centralisée et agnostique de nos bookmarks, à travers une application qui permettrait l’import de nos anciens favoris, et de les exploiter de manière équivalente. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais faut-il attendre la mise en péril d’un service devenu d’utilité électronique universelle pour que de telles initiatives s’organisent?

 

2/ Flickr: Pour beaucoup de particuliers, comme pour certains photographes semi-professionnels, Flickr est également devenu un élément central de leur vie électronique. Ce service s’est considérablement amélioré à travers le temps, et la démocratisation de la photo, de même que l’essor de l’hyper-géolocalisation via les mobiles, en ont fait accroître l’importance. Pourtant, malgré une version payante en apparence rassurante, et la puissance incontestable de sa communauté, rien ne garantit  la pérennité de ce service à long terme. Un service également possédé, tout comme Delicious, par Yahoo!, et racheté, tout comme Delicious, en 2004. Nul doute que sa fermeture provoquerait également un émoi conséquent à travers la toile.

 

3/ Twitter: Ce service est devenu en quatre années à peine, l’une des applications les plus centrales de la vie de l’internaute moyen. Twitter a en effet, en une seule application, remplacé certains usages des mails, des messageries instantanées, des lecteurs RSS, et même de certains réseaux sociaux comme Facebook. Outil de promotion, de communication, de networking, d’information, il est aujourd’hui le “broadcaster” officiel de l’internet. Pourtant, d’un point de vue purement économique, Twitter, c’est le néant. Peu ou pas de revenu, une stratégie réelle et bien conçue (Twitter Analytics, outils professionnels pour les marques, etc..) mais pas forcément rentable quand on connait les coûts inhérents au stockage et à l’analyse de données à grande échelle. Alors, n’y a t-il pas décorellation entre l’importance prise par Twitter, et le fait que le service soit édité par une entreprise privée, donc confrontée à des obligation terre-à-terre de rentabilité? N’a t-on pas passé le seuil avec Twitter du service d’utilité public? Ne faudrait-il pas créer un service public de la diffusion de message de 140 caractères? On sait que la complexité intrinsèque d’un tel service est minime, mais comment assurer son bon fonctionnement? Monter des campagnes de dons à la Wikipedia? Ou créer une sorte d’impôt numérique transnational, collecté par les états (sur le prix du FAI) et reversés à ces communautés de bénévoles pour payer les serveurs? Autant de questions qui resteront sans réponse, aussi longtemps que les intérêts économiques privés, et la puissance des états luttera contre toute initiative échappant à toute règle économique classique. (recherche du profit)

 

4/ Google Apps: Dire d’une application Google qu’elle risque un jour de fermer peut prêter à sourire. Mais même si la multinationale de Mountain View est très discrète là dessus, elle a déja fermé nombre de ses services non-rentables. Google Answers, Wave, Notebook, Jaiku pour ne citer qu’eux. Que penser donc de la propagation rapide de Google Apps? Idéal pour les petites organisations qui veulent externaliser la gestion (toujours très sensible) de leurs outils collaboratifs (mails, mais aussi les calendriers et les documents), Google Apps n’en est cependant pas assurément rentable pour Google. La version payante n’apporte absolument rien de plus que la version gratuite, et l’espace, ainsi que le nombre de comptes par défaut est suffisamment large pour que la plupart des PME s’en contentent.

Si le service venait à fermer, ce serait des années d’archives ultra-sensibles qu’il faudrait transporter ailleurs, ce qui serait très risqué et très couteux.

 

5/ Dropbox: Je me demande si Dropbox n’est pas un des services les plus compliqués à entretenir d’un point de vue maintenance du parc de serveurs. Le stockage exponentiel, l’obligation de redondance absolue, la dimension critique du “downtime”, les exigences en terme de low-latency, la conservation des historiques de chaque manipulation de fichiers, bref autant de contraintes qui amènent clairement à douter de la rentabilité d’un service qui propose en plus une version gratuite pour stocker jusqu’à 2Go d’espace (ce qui est colossal). Alors que se passerait-il si cela fermait? Aujourd’hui, je ne partage plus rien par mail, ni par FTP. Je créé un folder Dropbox et le partage, avec mes amis, ma famille, en plus de son utilisation professionnelle évidente. Résultat, une redéfinition totale de mon système de fichiers, qui limite au maximum les écritures locales pour maximiser la gestion multiposte de ma vie digitale, sans souci de syncrhonisation ou de sécurité (ainsi, cet article est écrit dans l’avion sur un fichier texte, et se synchronisera seul dès mon retour en connexion, afin de pouvoir être posté du travail dès demain). Je pense que beaucoup de gens sont dans mon cas, et perdraient énormément en terme de productivité si Dropbox venait à disparaitre.

Pour conclure, les entreprises, comme les particuliers, visent rationnellement à diminuer leurs couts de maintenance. Dans l’informatique distribuée, cela signifie qu’on préfère un service stocké en ligne “sur le cloud” qu’une application classique qui repose sur les contraintes physiques d’un disque dur. Pour donner une image que tout le monde connaît, on préfère monter un Tumblr plutôt qu’un WordPress, car personne ne veut s’amuser à passer un Dimanche soir à comprendre pourquoi cette erreur “MySQL out of memory error” ne veut pas disparaitre. Mais dans le même temps, personne ne souhaite payer Tumblr, puisqu’on a la même chose gratuitement sur WordPress. Cette tautologie aura forcément raison d’autres services, toujours plus centraux et plus utilisés.

Poste par Cedric Sadai, le 14/12/10 - Technologie

Freebox v6Sans vouloir rentrer dans une description précise de l’ensemble des fonctionnalités de la Freebox v6 (une description succinte ici, et le communiqué de presse officiel en PDF ), il est déja certain que Free vient de remettre à sa concurrence l’avance qu’elle avait perdu au fil des années, par le fruit des consolidations multiples et des investissements en R&D colossaux sur ce marché.

C’est une bonne chose à bien des égards. Déja, pour les utilisateurs. Hotline gratuite, appels vers les mobiles gratuits, partage de fichier via le network, mediacenter contrôlable par mobile.. Free va faire économiser plusieurs centaines d’euros annuels à chaque foyer en équipement et en communications. Et quand la technologie et l’intelligence stratégique permettent cela, cela mérite d’être salué.

Mais là où cette annonce me réjouit le plus, c’est que cela replace la France à un niveau décent sur la scène technologique mondiale. En effet, malgré quelques belles réussites, la France n’a jamais fait figure de référence du numérique, excepté celui des télécoms. Hier, avec le Minitel, aujourd’hui avec OVH et enfin Free, qui va devenir désormais une référence induscutable en la matière.

Nous avons l’ADSL le moins cher du monde, un des plus performants, et maintenant le plus technologiquement avancé. Il faut vraiment mesurer le poids et la portée des annonces faites, elles représentes des millions d’euros d’investissement et des années de travail, et font à mon avis toutes mouche quant à leur portée stratégique. Je n’imagine pas le buzz mondial si Apple avait annoncé le tiers de ces fonctionnalités lors d’un keynote.

C’est en tout cas une bien belle publicité pour l’ingéniérie numérique française, et une nouvelle validation du modèle de l’entreprise souple, agile, et innovante.